25 septembre 2016:
La révolution est en marche… mais pas celle que l’on attendait…
La révolution est en marche… mais pas celle que l’on attendait…
Une révolution survient lorsque des changements profonds
dans le mode de production des richesses se heurtent à des entraves dues au
mode de fonctionnement en cours.
Les nouvelles forces vivent s’emploient à mettre à bas ce
mode de fonctionnement pour le remplacer par un ordre entièrement favorable à
leurs intérêts. Ce nouveau mode de fonctionnement n’est pas meilleur, il est juste destiné à renforcer l’efficacité de
ces nouvelles forces vives et à écarter les entraves qui avaient été mises en
place pour favoriser d’autres systèmes économiques, d’autres modes de
production des richesses.
Si il y a
aujourd’hui un mode de production
des richesses radicalement nouveau qui est entravé par des règles mises en
place pour un mode de production des richesses différent c’est bien celui qui a
résulte de ce que l’on appelle les nouvelles technologies ou encore de façon
simplifiée l’économie numérique. En effet cette économie montante procure aux
consommateurs des produits qui rencontrent un vif succès, apportent (souvent)
des services réels et se répandent avec une efficacité et une vitesse jamais
vue.
Parmi les 10 plus grosses entreprises mondiales, les GAFA, (Google,
Apple, Facebook et Amazon), à elles seules, représentaient en 2015 une valeur
totale de 1727 milliards de dollars alors que les 4 premières entreprises de
l’industrie classique (banques, pétrole, industrie) représentaient 1290
milliards.
Sans peser aussi lourd pour l’instant, d’autre entreprises telles
Uber ou Rbnb ont atteint en quelques années une valorisation de plusieurs
dizaines de milliards chacune et continuent de croître.
Ces entreprises qui n’ont mis que quelques années pour
rattraper et dépasser celles qui tenaient le haut du classement depuis le début
de l’ère industrielle ont des caractéristiques communes :
-
Leur terrain d’action est mondial,
-
Elles s’adressent directement au consommateur
sans aucun intermédiaire,
-
Elles apportent souvent à celui-ci de véritables
services, à des prix nuls ou bien inférieurs à ceux des solutions classiques.
Les richesses considérables qu’elles acquièrent leur donnent
de plus en plus de moyens pour développer d’autres produits générant encore
plus de richesses. Elles utilisent les fabuleuses possibilités de la science et
de la technique en investissant des sommes considérables dans la recherche de
pointe avec des objectifs aussi prometteurs qu’effrayants comme l’intelligence
artificielle ou la manipulation du génome humain pour produire un homme
« augmenté ».
A ces entreprises l’ordre en place (états, frontières,
règlements, services publiques etc.) n’apporte aucun avantage et seulement des
entraves à leur développement. Elles n’ont pas besoin de routes ni
d’autoroutes, elles n’ont pas besoin de centres de recherche publics car elles
ont les leurs, elle produisent leurs propres règlements et normes et tendent à
s’affranchir de celles qui sont en place. De même elles n’ont que faire des
frontières, elles s’adresseront directement
à une clientèle mondiale qu’elles souhaitent le plus homogène possible.
Et, bien sûr, elles ne veulent pas d’états trop forts qui ne représentent pour elles que des
inconvénients. Ça tombe bien, elles ont tous les moyens de les étouffer en les
privant de leurs seules ressources, les revenus fiscaux, puisqu’elles
payent un minimum d’impôts alors qu’elles contrôlent l’essentiel de l’économie
qui se développe et qui produit des richesses. Elles laissent encore de côté la
production industrielle trop compliquée, trop gourmande en capitaux et de peu
de rapport, se réservant de la phagocyter plus tard, lorsque les imprimantes 3D
auront fait suffisamment de progrès pour que les produits puissent être
fabriqués de façon décentralisée à partir des logiciels qu’elles contrôleront.
Leur idéal est dans le moins d’état, moins de règles, moins
d’impôts, moins de frontières, moins de services publics. Elles réalisent ainsi
le rêve ultra-libéral de Donald Reagan et Margaret Thatcher au delà même de
leurs espérances les plus folles.
Quelle peut être l’issue de la bataille ?
L’issue pessimiste, malheureusement la plus probable, c’est
des entreprises superpuissantes, américaines pour la plupart (et chinoises
bientôt), face auxquelles les états ne font plus le poids (sauf en Chine pour
l’instant). Elles dicteront leurs règles aux états en leur laissant la charge des
missions difficiles et non rémunératrices mais indispensables pour maintenir
leurs profits : L’Éducation primaire
pour les grandes masses car il leur faut quand même des clients capables
d’utiliser leurs produits, la recherche fondamentale dont pourront se nourrir
leurs recherches appliquées, le maintien de l’ordre national et international. Les
services de santé de base peuvent aussi être assurés par ces services publics
avec des deniers publics tandis qu’elles se réserveront les soins coûteux issus
de leurs recherches de pointe. Les cultures nationales s’uniformiseront pour
donner un marché le plus vaste possible et le plus facile à alimenter.
Les réactions populistes réclamant un état fort et un repli
sur soit sont des tentative de répondre à cette situation mais elles ne gênent
pas vraiment les projets de ces mastodontes économiques qui s’en arrangeront
bien.
Quelles sont les chances d’une évolution moins pessimiste ?
Il faudrait que les gouvernements s’entendent pour parvenir à s’imposer, que
chacun cesse de tenter de tirer la couverture à lui (concurrence fiscale,
Irlande, paradis fiscaux). Il faudrait, par exemple que l’Europe utilise sa
puissance de façon coordonnée (ce n’est pas une totale utopie : voir
l’action de la Commission contre Apple, Amazon et d’autres, voir aussi les
débuts de luttes contre les paradis fiscaux). Il faudra aussi l’échec des
solutions populistes et des tentatives de repli sur soit. Il faudra aussi le
développement de formes coopératives locales à la place de celles qui passent
par les GAFA, les Uber… mais ça risque
fort d’être insuffisant… alors seule une crise plus violente aurait des chances
de remettre en cause cette domination de l’économie mondiale…. Mais si
quelqu’un a une meilleure idée je suis preneur…
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